Price, le prix à payer, par l’auteur de Karoo

Un peu plus de deux ans après la publication française de Karoo, qui avait rencontré un succès unanime, sort enfin l’autre grand roman de Steve Tesich, le très attendu Price, publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

En 2012, nous avons découvert le génie littéraire du scénariste Steve Tesich (1942-1996) avec son deuxième et dernier roman, Karoo. Véritable succès, bien au-delà des espérances de son éditeur français, le roman a largement participé à la reconnaissance de cette petite maison d’édition bordelaise. Public et journalistes émerveillés par cette découverte – le roman a été publié aux États-Unis en 1998 mais jamais publié en France avant que Dominique Bordes ne le publie en 2012 – ont reçu avec joie l’annonce de la publication de l’autre roman de Steve Tesich. Depuis l’envoi des épreuves aux journalistes, et encore plus depuis la sortie de Price, c’est une véritable effervescence, les articles submergent littéralement le bureau de Monsieur Toussaint Louverture. Si le roman lui-même est encensé, c’est aussi la stratégie éditoriale de cette jeune maison qui est justement récompensée.

Élève de terminale fraîchement diplômé, Daniel Price fait, le temps d’un été, l’expérience de deux sentiments forts et contradictoires : l’amour, et la douleur. Son père agonise alors que l’esprit de son fils est pris dans les filets d’une relation intense et destructrice. Novice en amour, le jeune homme s’y jette, faisant tous les efforts possibles pour plaire en tout à sa petite amie Rachel, mais souvent ne comprend pas ce que cette dernière veut de lui. Alors qu’il découvre pour la première fois la beauté de ce sentiment, qu’il croit que tout est enfin possible, le monde qu’il connaît s’effondre autour de lui. Son père, atteint d’un cancer, meurt à petit feu, et sa relation avec Rachel se complique. Tout ceci peut-il bien se terminer ? Le destin n’est-il pas fatidique ?

L’adolescence, ce passage à la vie d’adulte, ou plutôt de jeune homme, on croirait se lasser de ce thème dont on nous rabat les oreilles à la télévision, comme au théâtre ou en littérature. Pourtant, lorsqu’on ouvre Price, on entre au plus profond de l’âme des personnages, leurs aventures et leurs questionnements nous transportent vers des réflexions plus métaphysiques et nous rappellent que la recherche de soi, l’expérience, et la douleur ne sont pas l’apanage de la jeunesse.

Steve Tesich dresse ici un roman d’apprentissage d’un nouveau genre, où désorientation, émancipation de l’autorité paternelle, recherche de soi, sont les maîtres mots. Avec justesse et cruauté, l’auteur livre ici un roman funeste et saisissant, d’une modernité sans faille, et d’un style éblouissant. Une merveille de la rentrée littéraire.

Hier, on aimait Karoo, aujourd’hui, on adore Price, et on regrette que Steve Tesich n’ait pas été un romancier plus prolifique.

 

Price, Steve Tesich, éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2014 – traduit par Jeannine Hérisson – 19€

Monsieur Toussaint Louverture

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