Ouverture de La belle saison – concert halls, avec le Quatuor Diotima

Lundi 13 octobre, le Quatuor Diotima a clos le weekend d’ouverture de la Belle Saison – concert halls. Ce concert a été l’occasion de découvrir le principe des concerts halls et d’entendre pour la première fois ce quatuor emblématique : un plaisir pour nos oreilles.

 

La Belle Saison – Concert halls

La Belle Saison est une initiative du Théâtre des Bouffes du Nord, visant à fédérer plusieurs salles dont l’acoustique offre des conditions optimales pour la musique de chambre, afin de permettre aux musiciens comme au public de profiter pleinement du concert. Plutôt que d’offrir les pièces les plus connues du répertoire de musique de chambre, la Belle Saison se propose de faire découvrir au public une programmation plus surprenante, mêlant classiques du genre et pièces de compositeurs contemporains.

Mais l’exigence de la Belle Saison ne se place pas uniquement au niveau du programme, mais également au niveau des musiciens et formations musicales choisis. En effet, ces derniers sont de nouveaux talents dénichés en France comme à l’international, ou d’illustres artistes, qui s’engagent sur le long terme, musicalement et pédagogiquement.

La Belle Saison connaît sa première édition pour cette année 2014-2015, une année au programme riche réunissant déjà une quinzaine de salles, dont le cinéma Le Méjan (Arles), le Théâtre d’Arras, le Festival Berlioz (Abbaye de Marnans), la Chapelle Musicale Reine Elisabeth (Bruxelles), et le Kings Place (Londres).

Les premiers concerts ont eu lieu le weekend du 10 octobre, à Bézier, Arras et au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.

Le Quatuor Diotima, formation musicale exigeante

Diotima, ce nom a pour origine une pièce pour quatuor du compositeur Luigi Nono, bien connu dans le monde de la musique contemporaine, et inscrit cette formation musicale dans un engagement en faveur de la musique actuelle. Fondé par des musiciens de talents, lauréats des plus grands conservatoires français (à savoir Paris et Lyon), le quatuor à cordes travaille avec de nombreux compositeurs du moment (tels Helmut Lachenmann, Pierre Boulez, Brian Ferneyhough, ou encore Toshio Hosokawa), leur commandant régulièrement de nouvelles pièces, sans pour autant délaisser le répertoire classique de la musique de chambre.

Aujourd’hui le quatuor se place sur la scène internationale, est lauréat de plusieurs concours, dont celui de Londres, et a déjà enregistré plusieurs disques. Il est désormais partenaire de la Belle Saison – Concert halls et participait au weekend d’ouverture de cet événement.

 

Le concert

Le concert, qui se jouait au Théâtre des Bouffes du Nord le 13 octobre dernier, était totalement représentatif de la ligne conductrice tenue par la Belle Saison mais également par le quatuor. En effet, trois compositeurs différents étaient au programme : Arnold Schoenberg (1874-1951), Toshio Hosokawa (1955-), et Franz Schubert (1797-1828).

Le Quatuor n°0 en ré majeur (1897) de Schoenberg est une pièce de jeunesse de l’autrichien créateur du dodécaphonisme, de celui qui s’affranchit de la tonalité et marqua le plus la musique du XXe siècle. Pièce encore très à l’écoute de la musique romantique, ce Quatuor, dont l’écoute est facile pour une oreille non habituée à la musique contemporaine, a été merveilleusement interprété par Diotima. Des envolées lyriques aux variations monstres de virtuosité, le Quatuor a ouvert le concert avec performance et émotion, présentant un équilibre parfait entre les différentes voix musicales. Une telle interprétation donnait envie de redécouvrir le répertoire de ce compositeur délaissé du grand public.

Après cet émerveillement musical, le post-romantisme laissa place à la musique contemporaine japonaise avec Silent Flowers (2011) de Toshio Hosokawa. La musique de ce dernier se situe entre Japon et Europe, avec d’un côté un thème venu d’arts traditionnels japonais et de l’autre une formation européenne : le quatuor. Silent Flowers est très représentatif de la musique contemporaine : les règles de la musique sont bousculées, la performance des instrumentistes est poussée à l’extrême, et Diotima, de par la qualité des musiciens et son expérience, excelle en la matière. Ici, on ne parle pas de beauté, ni de musicalité, car les sens et les certitudes de chacun sont mises à mal, c’est la virtuosité, la technique qui importe. Cette musique peut déranger, mais c’est son but, mettre mal à l’aise.  Si les oreilles des non-initiés sifflent, les amateurs peuvent quant à eux apprécier la performance.

Enfin, le concert s’est clôt avec le Quatuor n°14 en ré mineur, D810, La Jeune Fille et la Mort (1824) de Schubert, un retour à la musique romantique, à laquelle nous sommes plus habitués. Mendelssohn trouvait ce quatuor mauvais, pourtant il a vite été considéré comme l’un des plus beaux de Schubert. Berceuse, attente de la mort, mais aussi cruelle volonté de vivre, Diotima a interprété cette pièce de telle façon  que le public ne pouvait rester insensible, le lyrisme romantique de Schubert, lié à la virtuosité des musiciens était poussé à son comble.

Des tonnerres d’applaudissements ont salué une formation talentueuse et un programme intelligent mais aussi techniquement difficile. Si en début de concert on s’est inquiété de l’âme du premier violon – Yun-Pen Zhao, nos craintes ont vite laissé place à l’admiration pour son habileté et sa sensibilité s’est petit à petit ouverte à nos oreilles. Les vibrations du Quatuor n°14 de Schubert laissent un souvenir rempli d’émotions.

Plus d’informations

La Belle Saison – Concert halls

Quatuor Diotima

Théâtre des Bouffes du Nord

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