André Dussollier revisite Novecento

Novecento, monologue théâtral, mais surtout conte enchanteur, est une œuvre magistrale de l’italien Alessandro Baricco, proposée en ce moment par le Théâtre du Rond-Point.

Novecento, c’est un des plus beaux contes que l’on puisse entendre, une histoire qui nous marque de manière indélébile. C’est l’histoire d’un garçon qui naît, grandit, vit et meurt sur le même navire, sans jamais en descendre. C’est l’histoire de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento, né sur le Virginian en 1900, qui, sans jamais poser un pied à terre, devient un pianiste virtuose. Plus que le récit d’une simple vie, vue par le trompettiste du navire, Tim Tooney, c’est l’histoire de l’indépendance, la liberté de créer et de vivre hors des normes préétablies, c’est l’universalité de la musique, son immensité. C’est l’histoire d’un artiste capable de jouer Bach mais aussi du jazz, un artiste sans limites, sans frontières, un conte dont la musique nous suit même après la dernière page.

Mettre en scène et jouer cette œuvre d’Alessandro Baricco – très illustre auteur italien connu en France notamment pour Les Châteaux de la colère (prix Médicis étranger 1995) et Soie – était une volonté de longue date pour André Dussollier, c’est donc avec plaisir qu’il le joue aujourd’hui à Paris et qu’il partira en tournée ensuite. Le spectacle est donc un long monologue de Tim Tooney, interprété par André Dussollier, ponctué d’intermèdes joués par un excellent quartet de jazz (Elio Di Tanna au piano, Sylvain Gontard à la trompette, Michel Bocchi à la batterie et aux percussions, Olivier Andrès à la contrebasse). Le principe est parfait pour cette œuvre, colle parfaitement avec l’intrigue et son développement, cela permet de mieux appréhender l’importance de la musique dans la pièce ; le décor est quant à lui relativement simple, le jeu de lumières permet de donner des ambiances diverses selon les besoins du récit ; cependant, le spectacle qui devrait être léger, cachant sa profondeur dans la musique, devient grandiloquent avec la performance d’André Dussollier. Son interprétation est dynamique, on ne peut pas lui reprocher d’être statique, cependant, il en est dithyrambique, il surjoue les événements, ce qui, malheureusement, entache de manière trop significative le spectacle. Même si une grande partie du public est fascinée par cette performance, et se sent immédiatement embarquée par cette traversée – ou plutôt ces traversées, le reste a plutôt l’impression d’être ballotté de bâbord à tribord, sans trop savoir quand revenir sur la terre ferme, il se sent enthousiaste à un moment, pour ensuite être déçu, avoir l’impression d’être au cirque, face à un Monsieur Loyal, ou bien de voir André Dussollier courir de la cour au jardin sans but, s’égosiller sans arriver à faire comprendre le fond de l’histoire.

Chacun peut ressentir différemment le spectacle qui lui est présenté, on peut dire qu’il est sympathique, agréable, et surtout léger, mais on en oublie de lire entre les lignes, et l’interprétation surjouée d’André Dussollier laisse tout de même assez sceptique. On ressort du théâtre avec des airs de jazz en tête, mais sans savoir trop quoi penser.

 

Novecento, au Théâtre du Rond-Point

12 novembre – 6 décembre 2014, 18h30
11 décembre 2014 – 10 janvier 2015, 21h

plein tarif salle Renaud-Barrault 36€
tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 21€ / plus de 60 ans 26€
demandeurs d’emploi 18¤ / moins de 30 ans 15€ / carte imagine R 11€
réservations 01 44 95 98 21 – http://www.theatredurondpoint.frhttp://www.fnac.com

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