Une Divine Chanson qu’on est pas prêts d’oublier

Peu de livres nous transportent du début à la fin avec autant de musicalité. La Divine Chanson, qui porte bien son nom, fait partie de ceux-là. Ouvrir ce livre, c’est risquer de ne pas le lâcher avant le point final, de se laisser emporter sans même s’en rendre compte.

Paris, on ne parle pas ici de la ville lumière, mais d’un chat. Pas n’importe quel matou, mais un félin qui durant sa septième vie a été recueilli par Sammy Kamau-Williams, autrement dit le musicien Gil Scott-Heron. Ce chat pas comme les autres nous raconte, avec le talent d’un conteur des mille et unes nuits, la vie du chanteur et de ses proches. Paris est bien plus qu’un animal de compagnie, il est doté d’une conscience, d’un esprit critique et son état physique de chat lui a permis d’être spectateur discret d’événements en tous genre, de la vie de ce musicien hors-norme, de son processus de création artistique.

Paris, dévoile donc au lecteur la vie et les pensées de son cher maître, et semble aussi doué que ce dernier pour la poésie. Chaque mot d’Abdourahman A. Waberi coule dans le lit d’une rivière au chemin imprévisible, ses phrases sont envoûtantes, il nous transporte dans un autre monde : de Harlem à Berlin en passant par Paris et le Tennessee, il nous invite dans l’intimité du grand-père du rap et du rap. Gil Scott-Heron, musicien et poète appelé aussi le Bob Dylan Noir, le défenseur des droits civiques, il nous montre aussi l’enfant qui grandit dans la pauvreté, l’homme accro à la drogue, un être humain entouré d’une famille, d’amis.

On aurait pu craindre une redite des mémoires du musicien, publiées l’an dernier aux éditions de l’Olivier sous le titre La Dernière fête, mais il n’en est rien. Ce chat-conteur propose ici sa propre vision de Gil Scott-Heron dans un récit non linéaire qui ne cesse de faire des digressions, des retours en arrière, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Ce roman est une de ces chansons qui pourrait faire le tour du monde. En attendant de vous faire happer par cette lecture, on vous propose de redécouvrir une des chansons les plus connues de Gil Scott-Heron : The Revolution Will Not Be Televised.


Embarquez dans cette aventure malicieuse, cette fable incroyable aux côtés de Paris et de Sammy, qui prend ici une dimension d’éternité captivante. Cette Divine chanson, on n’est pas prêts de l’oublier.

 

La Divine Chanson, Abdourahman A. Waberi, éditions Zulma, 18,50 euros.

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