Les carnets d’Icare, se rapprocher du soleil sans s’y brûler

“ça ferait un titre parfait”, oui, un titre parfait pour un livre parfait. Beaucoup de perfection pour un roman qui parle des imperfections du monde, des personnes, voilà un livre délicieux, un bel objet, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Un livre qui nous fait voler, sans chuter.

 

Les carnets d’Icare, c’est l’histoire d’Ella et sa mère, la narratrice, de leur rapport aux livres, aux mots, de ces deux femmes qui après une lecture s’envolent pour la Grèce. Elles y découvrent une nouvelle façon de vivre, de penser, sont confrontées à une toute autre réalité, telles des spectatrices d’un autre monde. La narratrice est confrontée aussi à quelque chose de terrible : elle sent sa fille lui échapper, et finit par être spectatrice de la vie qu’elle a donnée. En filigrane de ce voyage, se pose la question ultime : pourquoi Icare est-il considéré comme le premier homme qui a volé alors que c’est le premier à avoir chuté ? Comment cet échec est-il devenu, pour nous, le mythe de l’exploit ?

 

La lecture est une invitation au voyage, à la découverte du monde, et cette expression prend tout son sens dans ce roman de Nadine Laporte. Grâce à une écriture précise, touchante et délicate, elle fait ressentir au lecteur chaque mouvement des personnages, que ce soit lorsqu’elles tournent une page ou lorsqu’elles respirent allègrement l’odeur d’Athènes. Cette écriture, c’est un jeu entre le dicible et l’indicible, un jeu où ce qui n’est pas écrit se ressent plus que ce qui l’est, un roman en quelque sorte initiatique, vraiment captivant, un spectacle qui laisse sans voix. Une écriture maîtrisée, d’une limpidité et d’une exactitude sans faille, où chaque mot respire la beauté. Un livre qu’on dévore et dont on se délecte à la fois. Un livre qui s’approche du soleil, juste assez pour profiter de la chaleur sans se brûler.

 

Les deux précédents romans de Nadine Laporte [Cent vues de Shanghai (Prix Femina du premier roman, 1998), et Le Rebord du Monde (2001)] ont été publiés chez Gallimard. Avec Les Carnets d’Icare, elle passe aux éditions Impeccables, maison créée il y a cinq ans et dont le catalogue comporte déjà 13 titres remarquables par leurs textes, mais aussi par leurs couvertures très graphiques réalisées par le graphiste Pablo Durán. Une maison d’édition à découvrir, et à suivre.

 

On vous conseille vivement ce roman, en particulier si :

  • vous avez envie d’être étonnés par une écriture particulière
  • vous avez envie de voyager
  • vous êtes curieux, avez envie d’une nouvelle découverte
  • vous n’avez aucune raison, mais vous nous faites confiance

 

Les Carnets d’Icare, Nadine Laporte, éditions Impeccables, 19€

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3 réflexions au sujet de « Les carnets d’Icare, se rapprocher du soleil sans s’y brûler »

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