Beauté Congo:1926-2015, Congo Kitoko

Septembre, même s’il est plutôt clément cette année, est le signe des jours plus courts et un peu frisquets. Nous reprenons notre rythme parisien avec cette envie non dissimulée de partir ou repartir tout de suite vers d’autres horizons aussi je vous propose un petit voyage enchanteur à Kinshasa dont les artistes s’exposent, jusqu’au 10 janvier 2016, à la fondation Cartier.

André Magnin, commissaire de l’exposition, nous invite à partager sa passion pour le Congo (ancien Zaïre, Congo Belge) et ses artistes et nous amène à découvrir 90 ans de création dynamique et résolument congolaise. L’exposition se déploie en quatre temps forts : Les prémisses, le Hangar, l’Art Populaire, la jeune scène congolaise, quatre reflets incontournables de l’art congolais contemporain.

Pour ma part, je vous conseille de commencer votre visite par les salles du sous sol de l’exposition pour remonter ensuite dans la grande salle. Vous aurez ainsi un parcours chronologique et donc plus didactique.

Au sous sol donc, vous découvrirez les premiers artistes congolais, découverts dans les s années 20 et mis en avant par le génial Georges Thiry. Ce sont eux qui ont permis à l’art congolais de se faire connaître, de prendre son essor et de devenir ce qu’il est aujourd’hui à une époque où l’Art Africain portait en Europe le doux nom de  »Art Nègre » (aujourd’hui  » Arts Premiers ») et n’était apprécié que par une poignée d’amateurs, eux mêmes voyageurs ou ethnographes. Mises au goût du jour par des artistes comme Picasso, Breton et quelques autres, les œuvres dignes d’intérêt ne se résumaient qu’aux œuvres tribales et rituelles mais en aucun cas il n’était envisagé que l’Afrique ait aussi des artistes dignes de ce nom. Georges Thiry a osé dire le contraire et les œuvres présentes ici grâce à sa folle initiative nous prouvent qu’il avait raison.

Il est suivi de près par Pierre Romain Desfossé qui fonde le Hangar en 1946 et ouvre la voie aux artistes congolais en leur permettant de s’exprimer librement, sans enseignement académique ni références qui auraient perverti leur spontanéité. La machine artistique est désormais en marche et les congolais vont entrer dans le monde de l’art avec toute l’énergie qui les caractérise. Ils s’emparent de tous les médiums dont ils disposent, se débrouillent avec les moyens du bord et abordent avec enthousiasme peinture, photographie, installations.

En remontant à la surface on est immédiatement éblouis par les couleurs et les sourires qui s’expriment au son de la Rumba Congolaise. Ici l’on voit comment les générations suivantes ont bénéficié d’études plus académiques mais n’en ont pas oublié pour autant la peinture populaire de leurs aînés. Si les règles de perspectives et de proportions sont acquises, la vie quotidienne congolaise reste le sujet de prédilection avec ses couleurs et son apparente joie de vivre.

Mais soyez attentifs, derrière l’apparente bonne humeur des jeunes générations se cachent, puis s’exposent de manière de plus en plus évidentes, les douleurs et les rancœurs du peuple congolais. Politique autoritaire, économie désastreuse, guerre, corruption tout est passé au crible. Derrière une fausse légèreté les œuvres nous laissent un goût doux-amer.

N’hésitez pas à traîner quelques minutes et profitez des écrans mis à votre disposition pour vous familiariser avec la Rumba Congolaise qui, derrière ses rythmes endiablés, est en écho avec les œuvres à proximité. Les paroles en Lingala sont sous titrées à notre attention et judicieusement choisies, aussi méritent-elles qu’on leur accorde quelques minutes. Enfin, si vous avez du temps, vous pouvez profiter de la projection des interviews de certains des artistes exposés.

Un voyage donc qui vaut le détours. Vous en ressortirez avec une démarche chaloupée et du soleil plein les yeux et peut être aussi avec le désir d’en savoir un peu plus sur Kinshasa et son histoire.

Bon voyage et bonne rentrée !

Beauté Congo, Fondation Cartier pour l’art contemporain

Horaires : du mardi au dimanche de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h.
Tarifs : 10,50€ / 7€

Prolongation jusqu’au 10 janvier 2016 !

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